Moment de bleu – Blue moment

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J’avance au sein de ce souffle qui veut jaillir de l’existence, cette lumière bougeant autrement dans le regard.

Parfois, il me semble reconnaître au sein d’un éclat d’éveil, la géographie mouvante de mon appartenance. 

Dans le miroir de ma contemplation les paysages laissent échapper de leurs horizons ouverts une kyrielle de lueurs vives scintillant un court moment dans un même mouvement de recommencement du monde. Dans l’une d’elle, ce petit point de conscience que j’habite.

As I move along this breath wanting to gush into existence, the light slightly shifting  in the gaze, I can sometimes recognize, within a burst of awakening, the moving geography of my belonging.

In the mirror of my contemplation, landscapes open their horizons as a myriad of bright lights take flight, glittering for a short moment in the same movement of renewal of the world. In one of them, this little point of consciousness I inhabit.

Sous le vent – On the lee side

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Ce moment de beauté fragile, penchant sous le vent du temps, se pose dans la paume ouverte de ma mémoire, comme un oiseau contemplant l’éphémère.

Des ciels virevoltent en moi avec quelques images sauvées de l’oubli. J’avance doucement à leur rencontre et me glisse dans leur évanescence.

On the lee side of time, this unique moment of fragile beauty land in the open palm of my memory, like a bird contemplating the ephemeral.

Skies twirl inside me, together with a few images saved from oblivion. I slowly move towards them, gliding into the movement of their evanescence.

 

Empreinte silencieuse – A silent imprint

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Au gré de ma navigation et du souffle des rêves, les paysages se métamorphosent et se muent en voyages, laissant dans leur sillage quelques éclaboussures de lumière et l’empreinte silencieuse du temps.

Sailing along the coasts of my life and the breath of dreams, I see landscapes metamorphosing into journeys,

leaving in their wake splashes of light

and the silent imprint of time.

 

Foisonnement- Abundance

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Au sein des forêts suspendues et frémissantes qui t’habitent, des flammes végétales s’éveillent et glissent sur les parois des formes et des songes patiemment forgés dans le rituel des jours.

Tu frémis un moment devant l’invisible pour enfin t’avancer dans l’entrelacement d’ombres et de lumières, dégageant des direction, ouvrant des silences, lançant des chemins dans le foisonnement mystérieux.

Traversant l’abondance des formes et des éclats de lumière tu ouvres ce passage menant vers toi.

In these suspended and simmering forests growing inside of you, vegetable flames awaken and glide on the walls of the forms and dreams patiently forged in the ritual of days.

Shuddering for a moment under the invisible, you move ahead in the interlacing of shadows and lights, clearing directions, opening silences, launching paths in the mysterious abundance.

Going through the abundance of shapes and bursts of light, you open this passage, leading back to you.

 

 

 

Ce qui nous nomme – What names us

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Ces passages lancés à pleine vitesse dans mon expérience de l’infini illuminent de l’intérieur le paysage paradoxe dans lequel je cours éperdument le long du fil de ma vie

et dans lequel simultanément je me glisse et me réinvente, le long de rubans de temps qui s’allongent et s’étirent, jusqu’à rejoindre le miroir de ma véritable solitude.

Je meurs et renais ainsi sans cesse à tout ce patient travail qu’il faut pour démêler les fils de vie enroulés comme dans un cocon, en prévision des métamorphoses.

These passages, sailing at full speed in my experience of the infinite, illuminate from within the landscape paradox in which I run madly and deeply along the thread of my life

and in which, simultaneously, I glide and reinvent myself, along time ribbons that lengthen and stretch, until I reach the mirror of my true solitude.

I die and thus am constantly reborn to the patient work needed to unravel the threads of life, wrapped like in a cocoon, in anticipation of metamorphoses.