Passage (1)

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La lumière filtre, resplendissante,

à travers les forêts suspendues et tremblantes,

leurs flammes végétales aux couleurs ensorcelantes

virevoltant dans ce vent fou en toi.

Avec les sols et les songes elle s’enfonce sous la terre

dans les bras de la mère endormie,

ouvrant dans la rumeur du monde un silence blanc

que traverse d’un cœur rouge le jet noir d’une corneille.

 

 

Passage (2)

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Tu frémis un moment

devant le défilement des heures, les étreintes envolées,

les chemins lancés en bouquets d’espoir et retombés sous les pierres,

la procession des adieux et les déchirements,

l’ incertitude de ta vérité,

le glissement dans l’invisible

des aimés de leurs corps desséchés.

Ce détachement des formes embrassées,

patiemment forgées dans le rituel des jours

et qu’on finit par habiter insoucieux

de leur impermanence

entraîne avec lui tous tes miroirs.

Passage (3)

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Une absence crie au fond de toi

si fort que ta vie se fissure en milliers de mémoires détachées

éclatant et retombant en lumière dans les mousses et les racines.

Cette succession de petites morts dans la succession des jours et des saisons

frappent, pétrissent et enflamment ton âme

en en laissant ressortir toute la lumière.

Dans ces bois rugueux qui s’enroulent autour de toi

il n’y a plus que le souffle boréal de la métamorphose.